Kathalin n'aimait pas Djam, le fait transpirait de tous les échanges que nous avions à son sujet.
Elle n'aimait pas davantage Marco, Jo ou Eri.
Les garçons seraient toujours une source de conflit et même de rivalité entre nous, d'ombre à notre amitié.
Il suffisait de constater ses agissements louches au sujet de ses frères!
Elle ne pouvait pas ne pas savoir! ne pas se douter!
Elle savait, c'était certain, la garce! double jeu!

Djam? ce qu'elle en connaissait? Tous les ragots qui trainaient à son sujet au sein des différents groupes qu'elle fréquentait. Et ces renseignements n'étaient pas bons!

Pourquoi éloignait-elle de moi tous les prétendants? Pourquoi fermait-elle les yeux sur les manigances de ses frères?
Pourquoi ce garçon au nom un peu obsolète nous avait-il opposées?
Aldebert, Childeric, Romuald, voilà tout-à-coup que ma mémoire vacille!
Dagobert, Enguérand, peu importe, mais je sens toujours vive la morsure!

Renoncer à notre escapade espagnole, et à ses feux d'artifice, arpenter seule, la rage au coeur les rochers affleurants de la Milady...

Elle devait mettre au point des choses importantes avec lui, il n'était qu'une aventure sans lendemain. Je n'avais rien compris, elle prenait le temps de lui parler, quelques heures, pour mieux le "larguer", en fait, j'étais sa priorité, c'est à moi qu'elle voulait faire découvrir tous les secrets d'Euskadi, alors qu'elle s'apprêtait à le quitter définitivement.
J'étais totalement incapable de le comprendre!

De même avait-elle pris l'initiative de repousser en mon nom le séduisant Patxi, et de me dévoiler, avec quel stratagème, la véritable nature de Jo, le volage!

Ce n'était point amertume ou jalousie que je devais ressentir à présent, mais une infinie reconnaissance.

La belle et vive kathalin m'avait entourée, protégée, guidée, avertie, puis elle s'était lancée avec gourmandise dans la folle équipée du mariage et de la plurimaternité, loin, dans le Sud-Est.
Loin du port des pêcheurs,  des crampotes, du Bookstore, de Beaurivage, des frontons et de l'hôtel Regina, de l'avenue de l'Impératrice.


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Loin de mes yeux et loin de mon coeur aussi!

La magnifique corsaire basque à la poitrine parfaite mange son pain blanc près des champs de lavande, d'oliviers, au pied des roches pourpres de Beaux de Provence.

Tah le 24/08/2009

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