nous avons de très gros problèmes à affronter avec nos parents
tout en continuant à nous occuper de nos petits-enfants
et à assurer -pour le moment- une présence minimale dans nos engagements bénévoles respectifs mon mari et moi.
Hormis les complexités de tous ordres: santé, gestion, administration, formation
nous avons à affronter un terrible rétrécissement de nos temps libres (ou dits libres de couple)
autant dire que nous n’en avons plus!
nous n’avons plus de temps pour tenir la maison (ranger, nettoyer, laver, repasser)
nous privilégions les gros travaux (charpente, maçonnerie, boiserie, huisserie) dès que nos agendas et la météo le permettent, les moments d’exutoire extérieur: sport (danse, marche) et la formation indispensable

c’est un très gros challenge de s’occuper à domicile de deux personnes âgées dépendantes dont l’une est alzheimer,

et l’autre épuisée et engagée dans un processus de vieillissement de ses facultés intellectuelles (sans pour autant être démente ou alzheimer)

les rapports sont souvent explosifs, vus les rapports parents-enfants que nous avions depuis ma naissance
et rien dans le processus de vieillissement et de maladie ne les fait disparaître ou ne les améliore, au contraire

nous n’avons pas les moyens de les mettre en maison médicalisée, aucun revenu de la famille (eux, la fratrie, les descendants), ne le permet, ni pour l’accueil d’un, à plus forte raison pour l’accueil des deux
à part mon mari et moi, aucune des autres personnes relevant d’obligation alimentaire et de famille vis-à-vis d’eux, ne veut, ni ne peut (éloignement géographique important) s’occuper d’eux

pour conserver un brin d’indépendance et d’intimité,
nous nous refusons à habiter sous le même toit qu’eux (jusqu’à présent)
notre logement actuel est totalement inapte à recevoir des personnes âgées, donc nous ne les prendrons pas chez nous
tandis que leur logement a été adapté: ascenseur, douche italienne, lit médicalisé et chambre en rez-de-chaussée pour mon père, cuisine attenante

jusqu’à présent, mes parents bénéficient d’aides de la part du Conseil Général (APA) pour le maintien à domicile, un capital d’heures mensuel, réparti par 30 minutes trois fois dans la journée pour l’aide ménagère (ménage, vaisselle, lavage, repassage, service du repas du soir, aide à la fonction d’élimination). La sécu prend en charge les soins nécessaires, toilette et habillage 2 x 30 à 45 minutes/jour (temps pour les deux et non pas pour un seul).

L’achat de couches, alèses, changes complets reste à la charge de mes parents.

L’émiettement des heures d’aide ménagère depuis septembre où de nouveaux emplois du temps ont été constitués ôte de l’efficacité à la réalisation des travaux à effectuer, d’autant plus que ce sont des personnes différentes qui interviennent dans la journée et au long de la semaine.

Nos temps personnels de service mon mari et moi sont très conséquents:

d’abord et en tout premier, l’astreinte de « présence »:

- intervention immédiate en cas d' »urgence » (de la chute à terre, à l’ampoule à revisser, en passant par tous les « dépannages » imaginables, et téléphoniquement: les conseils, écoutes et temps de compassion et moments où nous tentons de rassurer et calmer face à des angoisses subites de ma mère, de jour comme de nuit)

[il y a deux nuits par exemple, j’ai veillé sur un matelas de rando, à terre, dans la chambre de maman qui ne pouvait que difficilement respirer et qui avait une forte fièvre, je n’ai pas dormi et ensuite une nouvelle journée de travail recommence!

hier, papa est tombé juste après que je sois partie pour aller souper, nous sommes revenus mon mari et moi, jusqu’à ce que le docteur ait relevé mon père]

ensuite quotidiennement:
– confection de repas et goûters, service des repas de midi et suite de service des repas du soir
– promenades en fauteuil roulant lorsqu’il fait beau
– commissions diverses dont pharmacie
– gestion des visites médicales: rendez-vous, déplacements
– gestion de la maison, gestion des comptes: achats, factures, contrats d’assurances, abonnements eau, électricité, impôts locaux, correspondance, secrétariat
– travaux dans la maison: plomberie, menuiserie, électricité, réparations et entretien tous genres
« travaux de dame »: couture, rangements, autrefois maintenance du matos informatique (mais ce dernier « poste » a été supprimé, mes parents ont renoncé à ce média- ce qui fait que depuis chez eux, nous n’avons plus accès au net)

tu comprendras, qu’une fois rentrés à la maison, nous soyons le soir, la nuit, « vidés », notre âge étant là, lui aussi!

et pourtant je tente de remplir mes fonctions de reporter jusqu’au bout (pour le moment), mais c’est pris sur le sommeil!
lorsque je suis trop « triste » ou déprimée ou simplement fatiguée, pour me « vider l’esprit » et me remplir de belles choses, je me livre à mon addiction favorite: PINTEREST! ce qui prend encore plus sur mon temps de récup, je sais!

par temps de vacances, lorsque nos petits-enfants sont avec nous, le temps se gère un peu différemment, mais j’avoue ne pas savoir comment concilier tout très prochainement puisque les vacances arrivent et que notre temps d’aide a pratiquement triplé depuis septembre auprès des parents! l’expérience nous le montrera.

nous ne savons pas si nous pourrons continuer quoi que ce soit de nos engagements et formation et exutoires
nous ne voudrions pour rien au monde en arriver à renoncer à tout et à « planter » tous nos concitoyens et parents
et amis, « virtuels » ou réels
mais…

je refuse d’en arriver au burn-out, au suicide, à l’héroïsme
j’ai déjà donné partout
et ce ne sont pas des solutions adéquates
elles ont terriblement compliqué ma vie et celle de mon entourage

et

je refuse de me « laver les mains » au sujet de mes parents
de toutes manières, il y a bien « obligation alimentaire » comme dit la loi, et à cela nous ne couperons pas