Je viens de retrouver cette page de K

elle est adressée à un rêve

ou à un ami? ou une amie?

et je n'en connais pas le sens exact

mais je sais que c'est K qui l'a écrite

à cause de sa maladie

de la  danse, du concerto et du poisson grillé

de la tendresse et du sourire

Que Dieu lui pardonne sa faille concertante!

et peut-être mon indiscrétion...

ou ma trop grande audace

"je vais te dire

je suis assez forte pour le faire

hier, je me suis levée tard [.../...]
. Je suis allée prendre mon petit dèj, et au moment où j'aurais dû faire ma toilette, revêtir ma blouse, piquer mes deux fleurs écarlates sur mon corsage, me parfumer de vanille, j'ai été terrassée par une crise, je suis demeurée allongée, soit consciente, soit somnolente, le réveil qu'avait programmé mon mari m'a sortie de ma torpeur et je suis retournée devant l'ordi où j'ai refait les connects, difficiles hier.

J'ai voulu essayer de m'évader avec toi de mon "ici et maintenant" difficile, mais l'expérience montre que changer de papier peint et de design de bureau ne change pas, ne change rien à chaque présent que je vis!

Nous aurons au moins essayé! soyons heureux de cela.

Restent ton amitié et ta sollicitude, ton écoute, ta présence, ta main chaude dans la mienne, ma nausée, l'émergence d'une lumière au loin, la lente montée vers cette lumière, dans la peur et les rires, les incertitudes, le trouble, une sensualité de situation, comme il existe des comiques de situation!

L'odeur du poisson grillé, mon mari venant me réciter le menu et demandant mon approbation, les lenteurs des connexions, et les refus du serveur. Nos coms décalées. Nos au revoirs, nos baisers, la tendresse.

Je suis allée manger, mon aile de saumon grillée. Mon mari m'a servie comme un hôte de marque, aux petits soins.

Je suis retournée me coucher jusqu'à 18 heures, alors que j'ai tant à faire! Mais je n'y peux rien, personne n'y peut rien!

Lorsque j'ai rouvert les yeux, il faisait presque nuit, mon mari est venu me dire qu'il se rendait une heure au chevet de sa mère.

Je ne pouvais pas me lever. Je suis donc restée allongée, j'ai pensé à nous deux, en route vers le col, main dans la main et côte à côte puisque j'étais descendue de cet âne vert, aussi accorte qu'une sèche haridelle!

J'aime l'âne si doux grimpant le long des houx! non pas grimpant, mais c'est plus rigolo!

Ah Francis, Francis, James! et non pas Francis, Blanche!

C'est alors que je t'ai entendu, j'ai entendu ta main dans la mienne me dire, lève-toi, MAINTENANT! Je sens très bien ça, lorsqu'on est danseuse, on fait attention à la moindre inflexion de la main de son cavalier, chaque mouvement même très subtil est une invite différente.

Ta main m'a dit, lève-toi.

Alors je me suis levée...et je suis calme, je sens ce calme qui n'était point là tout-à-l'heur et je ... sens

Sur Ré (majeur ou mineur au choix !) le concerto

SOURIRE

Je t'embrasse"

 

K un jour lointain de 2006, en janvier peut-être si je me rappelle de ma mère et de son chevet...