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smiley : regular_smile Petit "break" clinique pour nombre de jours indéterminé


 Djam entre en clinique demain matin.

 

Je me dois de demeurer à son chevet et de le servir pendant ce temps délicat, aussi ne sais-je lorsque je reviendrai.

 

Je vous embrasse tous.

A bientôt, l'important en ce moment c'est mon époux, mais vous restez dans mon coeur.

 

Tah

mercredi 20 janvier à 01h01 par fleurdatlas dans Blog Out | # | 4 commentaires

smiley : regular_smile Main courante ou pas



"Pierre est un bon gars ma mère
Il m'a dit l'amour longtemps
Il m'a donné son ruban bleu
ma mère, ma chère mère
Il m'a donné son ruban bleu
ma mère je le veux"

Non, ma fille, ton prétendant n'est pas un "bon gars", c'est un voyou, il s'est plusieurs fois retrouvé en taule, pour des braquages, des rixes, il a trempé dans des affaires de racket, de drogue, de moeurs, on l'a pincé pour proxénétisme et traite de blanche.
Non ma fille, il n'est pas l'homme d'honneur que tu crois, tu pourras suivre tous les violons et entendre siffler tous les rossignols sur la colline, je ne te lâcherai pas de l'oeil. Tu ne feras pas ta vie avec des types comme ça, j'y veillerai, autant qu'il le faudra.
Je t'ai élevée, éduquée, soignée, je suis demeurée à ton chevet pendant toutes tes maladies, j'ai couché à tes pieds à l'hôpital pendant tous tes traitements et tes convalescences, je t'ai aidée à apprendre, à retenir, à réviser, à rédiger, à obtenir tes diplômes. J'ai partagé avec toi tout ce que j'avais, tout ce qu'on me donnait, je n'ai ménagé ni mon temps, ni mon courage. Je t'ai donné le meilleur de moi, mes plus belles, mes plus vigoureuses années.
Non ma fille, je ne te laisserai pas partir avec le premier bellâtre, le premier enjoleux venu, tu es la prunelle de mes yeux!

Tu m'en veux? Tu m'en voudras toute ta vie, tu prendras revanche à ta façon, à ton heure. Me rejetteras-tu? t'opposeras-tu? Iras-tu courir tous les guilledoux? T'afficheras-tu avec insolence? Passeras-tu outre en libre fille de ta libre mère?

Ma fille, quoi qu'on te dise, quoi que tu penses ou fasses, écoute-moi bien: tu n'arriveras jamais à la cheville de la cette femme dont la réputation est surfaite! Etre ou avoir été la "maîtresse" de tous les gars d'un district, avant comme après son mariage, mais c'est une galéjade! une tartarinade!
Laisse ce stupide jeu de mots équivoque, cette légende montée par la surenchère de Scapins vantards qui n'est que façon de railler.
La vérité n'est pas au fond du puits de la Magdalène. Elle boit à la santé de tous ceux qui ne l'ont pas eue!




Je la vois vaciller sur ses hauts talons comme la flamme hésitante de l'allumette qui sert à embraser l'extrémité du méchant cigarillo sur lequel elle tire péniblement. Reprendre souffle, elle cherche l'appui de la façade blanche et détourne la tête. Visiblement, ça n'a pas l'air d'aller. Le froid mord sous le crachin, sa veste de daim croisée sur sa poitrine couvre mal ses jambes maigres et noueuses que des collants fumés n'ont pas le pouvoir de protéger.
Je suis accompagnée de deux femmes avec qui je converse sur le chemin du retour.
La naufragée tente de s'enfoncer dans l'encoignure, de disparaître, trop tard! nous l'avons repérée, pas d'échappatoire!

"Madame, vous avez un souci? pouvons-nous vous aider?"

Nous nous sommes approchées. Elle triture nerveusement son mégot du bout des droits, ses prunelles sombres débordent de larmes, une rougeur congestionnée auréole très largement ses orbites, envahissant la moitié du visage. Elle pourrait avoir entre quarante et soixante années. Son allure est celle d'une femme soignée, élancée, autrefois belle. Son visage raviné, froissé comme papier mâché recyclé est encadré d'une chevelure sombre, fraîchement teinte en violine, clairsemée sur le sommet du crâne qui apparait très pâle lorsqu'elle se penche légèrement en avant pour nous répondre embarrassée:
"Excusez-moi, j'ai honte, je fume, ce n'est pas bien!"
Longtemps que je n'ai pas entendu une phrase ou une opinion semblable! je souris
-Ne vous en faites pas, beaucoup de gens fument...
-Je me suis éloignée du chemin de Dieu, je voulais aller faire une prière à l'église.

Est-ce une métaphore, ou une façon de signifier que...
'Je vis avec un homme (son bras tendu désigne le bout de la rue) il me bat, il m'a donné de la monnaie et m'a demandé d'aller lui chercher ses cigarettes, si je ne rentre pas vite, il va me cogner
-Il ne faut pas y retourner! clamons-nous toutes trois d'une seule voix
N'allez pas chercher les cigarettes, ne rentrez pas, allez plutôt à la gendarmerie porter plainte ou au moins déposer une main courante. Demandez à être accueillie en foyer, il ne faut pas rester avec un homme qui vous bat.
-Non, priez pour moi, il faut que j'y aille, Dieu va me soutenir.
-Prier pour vous on le fera, mais il faut que vous portiez plainte et que vous ne reveniez pas avec lui, la gendarmerie est à deux pas...
-Non, si je ne ramène pas de suite les cigarettes, il va me frapper, et comme ça va bientôt fermer là, faut que j'y aille de suite.
-Mais qui est cet homme qui vous maltraite?
Elle jette à tout moment des regards vers l'arrière comme si elle avait peur qu'il surgisse à ses côtés, alors que nous lui demandons de nous dévoiler l'identité de son compagnon, un homme jeune, de taille moyenne passe à notre hauteur, il dévisage notre petit attroupement
-J'espère que ce n'est pas lui! me souffle ma voisine
-Gaulé comme il l'est je n'en ferais qu'une bouchée (c'est parti malgré moi)
-Je sais pourquoi il me garde! reprend la femme, ma pension va bientôt tomber.
-C'est donc vous qui gagnez l'argent? Laissez-le tomber!
-Allez dans un centre, ne retournez pas auprès de lui!
-La semaine dernière "il(s)" m'avai(en)t mis dans un centre, le Lien ça s'appelle je crois.
-Pourquoi êtes-vous partie?
-Mes papiers sont à la maison et c'est moi qui paie les impôts, les factures.
-D'autant plus si c'est vous qui payez, portez plainte, c'est à lui de partir!
-il faut que j'aille MAINTENANT chercher les cigarettes, je ne veux pas qu'il me frappe!

Quel est notre pouvoir? Notre marche de manoeuvre? La gendarmerie est proche, nous sommes trois femmes avisées, la principale intéressée dont nous ne connaissons pas l'identité ne veut pas entendre notre discours, nous ne savons ni son adresse, ni le nom de son compagnon. Nous ne pouvons la forcer à accomplir la démarche, nous ne pouvons faire nous même un vague signalement. Nous nous regardons, interdites.
Elle s'éloigne "Priez pour moi!"

[J'entends Carmen (à Don José): "LAISSE-MOI PASSER!"
Je revois Tana étendue sous les lys blancs, Mirelha reposant sous une urne en forme de coeur gardée par quatre anges de marbre, Maider brisée au pied de sa falaise, Flo écroulée sur son canapé branlant, l'ombre éléphantesque de Gigi The Best s'allonger sur le Plateau des Corbeaux et virer au rouge sang.]

Nous suivons l'inconnue des yeux, elle oblique vers le porche de l'église, se ravise et disparaît sous les couverts qui abritent les commerces. Lui filer le train, jouer les Colombo, n'est pas de mise en ce dimanche glacé et pluvieux, nous nous séparons à la hauteur de mon logement sur un hésitant "Bonne journée", le coeur n'y est pas!



J'entre et trouve ma fille devant la cheminée, m'ouvrirai-je à elle tandis qu'elle se chauffe? Lui avouerai-je combien j'ai souffert de trac, d'angoisse, de panne au cours du service religieux, cerveau rétif, hébété devant la succession de signes devenus cabalistiques, indéchiffrables à mes doigts tétanisés sur les touches de l'instrument. Et pourtant ce compliment (sincère???) en fin de cérémonie: "notre organiste au jeu si légèrement joyeux!"

Lui parlerai-je de cette femme liée à son tortionnaire? Aborderai-je mon propre vécu?
N'est-ce pas moi qui ai ordonné: "Pendant le temps de Noël, c'est la fête, pas de discussions tristes ou sombres sous notre toit!"




"Alleluia, Alleluia!
Chantons l'enfant Dieu qui vient de naître!"

 

Tah  28/12/09  

 

texte en lien avec:

Fini tout ça! stop violence, game over!
 

samedi 02 janvier à 10h13 par fleurdatlas dans La Barbarie à visage humain | # | 2 commentaires

smiley : regular_smile Meilleurs voeux à tout KARMAOS, A vos souhaits!


 

 

A tous les artisans de paix

de douceur

de consolation

d'espérance

 

Bonne année 2010

 

A tous ceux qui ont besoin

de paix

de douceur

de consolation

d'espérance

 

Bonne année 2010

 

Que nous soyions tous chacun les uns pour les autres artisans de bonheur

 

DJAM ET FLEURDATLAS

jeudi 31 décembre à 15h00 par fleurdatlas dans Amour | # | 3 commentaires

smiley : regular_smile Eh bien voilà à quoi on n'aimerait pas arriver! non mais!


 

mercredi 16 décembre à 16h47 par fleurdatlas dans Air du temps | # | 3 commentaires

smiley : regular_smile Conte: Bandana rouge au pays de Silaide (1)


 

J'ai écrit ce conte en une seule journée, le 25 août, lorsque je me trouvais seule en montagne en camping, seule, sans voiture

je pensais à ma fille qui faisait des démarches importantes à plusieurs centaines de kilomètres, c'était ma façon de rester reliée à une histoire commune qui allait, je l'espérais, s'infléchir favorablement, pour que la vie continue, que la nouveauté balaye les générations antérieures et futures, et les irrigue d'un sang neuf et les pimente d'insoupçonnables imprévus.

Quoi qu'il en soit, l'histoire des uns pénètre l'histoire des autres, les angoisses sont traversées, les secrets sont dévoilés, un peu...
pour que nous allions plus loin, tous, main dans la main.

 

Du moins, ce serait fortement souhaitable!

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DEDICACE:

 

 

Un soir à la sortie, la maman d'Annette risqua cette question:

"S. c'est vous?

à laquelle je répondis en riant et sans méfiance, car le temps des persécutions n'était pas encore installé:

-A quoi m'avez-vous démasquée?
-A la chandeleur, aux crêpes, c'est votre recette? Ce sont vos souvenirs d'enfance?
- Oui quelque chose comme ça!
-Je m'en doutais un peu, je lis vos aventures chaque soir avec ma fille!"

Nous n'en devînmes pas pour autant davantage complices, tant d'obstacles nous séparaient, l'âge, la culture, la musique de la langue, la fonction sociale, les plans obscurs de la hiérarchie.

Mais c'est toujours agréable d'être reconnue et comprise, ne serait-ce que par une seule personne au monde!

Annette va à présent sur ses 15 ans, tout comme Charlot, Alexia, Mélisande...

Si j'avais écrit pour eux les aventures de Silaide,

ce conte, qui en est la suite et la fin, est à présent écrit pour ma fille et pour la fille de ma fille, Félicienne, dite "Lys", au prénom de bienheureuse*.

Tah le  25/08/09

(à suivre)

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Notes complémentaires:

*Felix eut la tête tranchée en 852 à Cordoue, ainsi que sa femme Liliose, leurs cousins Aurèle et Nathalie, et un moine nommé Georges, parce qu'ils pratiquaient ouvertement leur religion pendant un temps de persécussions contre les chrétiens.

source:
Si dure était alors la persécution musulmane à Cordoue que beaucoup de chrétiens devaient feindre de devenir musulmans s´ils voulaient garder la vie sauve. C´était ainsi pour Aurèle et sa femme Nathalie ainsi que pour leurs cousins Félix et sa femme Liliose. Or un jour, ils rencontrèrent un chrétien, juché sur un âne, le visage tourné vers la queue de la bête. Il avait été mis à nu et les deux bourreaux qui l´escortaient, le fouettaient jusqu´au sang tandis qu´un crieur public dénonçait ses crimes religieux et que les passants le tournaient en ridicule. Aurèle et Nathalie, dès lors, cessèrent de feindre et pratiquèrent ouvertement leur foi.
Nathalie et Liliose parurent dans les rues sans le voile que les femmes devaient porter sur leur visage selon les obligations musulmanes. Un moine quêteur, Saint Georges, fut, comme eux arrêtés et tous cinq furent décapités.

samedi 12 décembre à 00h00 par fleurdatlas dans Roman | # | 7 commentaires
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