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- Que dois-je donc apprendre aujourd'hui?

- Il y a en toi un fleuve, le fleuve de vie, l'une de ses manifestations est ce flux rouge qui s'écoulera de toi chaque mois lunaire.
Manifestation importante, qui est l'indication que tu peux transmettre la vie. C'est pourquoi tu ne dois pas brader cette fonction, et cette partie de ton anatomie.

Ca "bandana rouge" le savait et depuis fort longtemps, tout ce mécanisme...
Mais il semblait qu'après avoir passé la forêt, après être sortie victorieuse de toutes ces épreuves physiques autant que morales, oui, elle avait eu peur, et comment!
Oui, elle avait eu l'imprudence de se laisser rejoindre et accoster par l'un des chasseurs qui ne reviendrait plus jamais se vanter de quoi que ce soit! Elle passait sa langue sur ses lèvres encore empreintes de ...
Elle n'avait plus envie d'y penser! de sa vie, elle ne voudrait plus en entendre parler!
Et tout prenait un étrange relief sous la voix un peu fasseillante  de "lunette aux yeux bleus", oui elle commençait à comprendre, à pénétrer le mystère, un peu...

- Mais il y a bien d'autres manifestations de vie, et je te souhaite de les découvrir toutes!

Tanina buvait les paroles de sa grand-mère comme du petit lait, ou le babeurre que l'on prend avec le couscous.
Ah le couscous de Lala!
Elle espérait que le lendemain Lala se mette à rouler la semoule.

Elle revoyait ses leçons d'anatomie récentes: le cerveau, imaginer le nombre de mois qu'il faudrait pour descendre jusqu'aux ovaires et au vagin!
Comme elle savait bien raconter, et tout rendre simple, limpide, familier, Lala!

Mais cette phrase "et je te souhaite de les découvrir toutes", sonnait-elle le glas du conte? Lala serait-elle parvenue à la fin du récit, de ses déclarations? de ses révélations? du plaisir qu'elles avaient toutes deux de se dire, de se deviner, de se comprendre, de s'aimer?

Tanina connaissait Lala "comme si elle l'avait faite"! Elle savait qu'elle était épuisée par sa journée de grand-mère, que si elle tirait, elle, trop sur la corde, plus rien ne viendrait, mais des flots de larmes!
"Tu pleures ou tu ris, grand-mère?", avec cette peur pour elle de s'entendre dire: - je pleure, c'est la fatigue, tu comprends? il faut que j'aille dormir, au moins une ou deux heures!
- Je peux dormir auprès de toi?
- Oui, tu peux, ça te fera du bien de reposer un peu tes yeux, ton cerveau en ébullition
- Il est fini le conte?
- Mais non Tanina, il n'est pas terminé, n'ait aucune crainte là-dessus!
Dormir quelques minutes nous fera du bien, à toutes les deux. Il y a longtemps que les douze coups de minuit ont sonné
- Et nous ne sommes pas devenues souriceaux ou grenouilles?
- Non tu vois, mon charme est plus puissant que les douze coups de minuit! nous n'avons plus rien à craindre, nous pouvons nous assoupir quelques temps, la fraîcheur du petit jour nous éveillera, je reprendrai mon récit où je l'ai quitté
- Je te redirai la dernière phrase
- Oui c'est ça, tu me rediras ma gazelle.

 

(à suivre)

KNTHMH 25 Août 2009