"LI BER TE"
Comment? mais ce n'est pas le moment de philosopher!
Oh mon Dieu, ce froid! déjà tu es reparti? ou tu t'es mis en retrait! à cause de ma sacro-sainte Liberté, n'est-ce pas?
Parle-moi encore un peu, que te coûtent trois mots de plus?
Silence
et ce froid humide qui me perce, combien différent de la joie de la danse!
Trop de fleuves envahissent mes yeux, je retire mes lunettes pour les éponger enfin.

Où est le cratère?
ni à droite, ni à gauche, ni devant , ni derrière, pas plus que les lumières de la ville
je suis seule dans un brouillard à couper à la scie
grelottante de froid, trempée jusqu'à la moëlle
je ne vois même pas mes sandales

un chant monte à ma gorge, que je ne retiens pas:
"fais lever le soleil, notre terre attend l'aurore
fais lever le soleil, notre vie promet d'éclore"

("prophète du Seigneur
lève-toi parmi tes frères
debout comme un veilleur
tu annonces la Lumière
ton étoile dans la nuit
est témoin du jour qui luit

prophète de l'Amour
Tu révèles sa présence
Dieu parle sans discours
Guides-nous vers son silence
par l'Esprit du Dieu vivant
ton amour sera ferment")

j'étends en cercle le bras vers l'horizon
"Fais lever le soleil, maintenant!"

le brouillard se dissipe comme fumée au vent
je suis toujours sur le chemin
l'aube pointe droit devant
rose derrière les monts
à ma gauche un ravin très profond
quelques corps disloqués sur les rochers
dépecés et fouaillés par les vautours fauves

le chemin de la vie!
pas ici, pas celui-ci
peut-on être aveugle à ce point?
pourquoi remettre ces lunettes?
je pense ne plus en avoir besoin
tu crois que je suis guérie?
tu crois?

la vie est en avant
plus loin que l'horizon
je marche
 

 

KNTHMH

(les chemins de la mandragore-extrait-retour au début de ce texte)

Prologue 2 de l'histoire qui commence ici