Cette nuit un énorme mugissement, non pas le bruit d'une sirène, mais une soufflerie fantastique!

Gigantesque, toute la batterie d'Eole!

il semble que nous soyions au sein d'une incroyable tempête. Rien à voir avec les gros coups de tabac en mer.

C'est à se demander si les infrastructures vont tenir le coup tellement poutrelles, cloisons, ouvertures pissent le vent et des débris divers sous des stridents sifflements que je qualifierai de sinistres vu le lieu où nous nous trouvons. Le vent s'engoufre dans le moindre interstice et hurle en projetant des jets de sables cinglants.

Combien d'arbres ploient, cassent et se couchent? Combien de tuiles s'arrachent, de plaques métaliques s'envolent, de toitures se soulèvent, de cheminées et de clochetons s'effondrent?

Combien de hangards soufflés, de bâtiments éventrés, écroulés,  combien de pylones vrillés et sectionnés, combien de routes coupées et de liaisons interrompues?

Chacun se tait, tapi dans son coin, retient sa respiration, les yeux restent mobiles et les oreilles aux aguets, en alerte.

Attente, attente interminable.

Attente de l'accalmie ou de l'irréparable, l'improbable, l'impensable!

 

Une brêche dans le système, la possibilité se bondir vers un ailleurs, la fuite en avant, l'exode invraissemblable de milliers de parias, en pleine nuit, sous le vent fou.

y aurait-il une chance? Nous la prendrions! ployés, tordus sous le pluie et la bourrasque, quitter la centrale, s'abattre sur la ville ou ses banlieus comme des sauterelles, une plaie d'Egypte!

Panne d'électricité! Obscurité complète, vertige!

de courte durée, les groupes électrogènes prennent le relai, et leur ronflements enfle le vacarme!

 

Hazzel, 25 Janvier 09

 

KNTHMH (chemin de la mandragore 12) cette histoire a commencé ici