En ces jours d'hiver où je ne vais pas bien, je reste au chaud pour ne rien faire!

 

Tant pis pour les grands aménagements et réaménagements projetés et interrompus, tout attendra!

 

en fait il y a urgence que JE me retrouve dans ce "rien"

 

je lis des bouquins qui me forment, d'autres qui me divertissent

je regarde des redif sur pluzz, quelques séries et certaines émissions, peu puisque nos connexions ne sont pas terribles, mais suffisamment pour que ça me construise, ça m'édifie, ça me fasse grandir.

 

Et puis des souvenirs et des associations d'idées jaillissent, me voilà reportée dans ma vraie jeunesse, celle qui ne s'inscrit dans des suppositions mais dans des preuves, ça c'est interessant.

 

Des expressions, des mots, des sensations, des déductions, je renoue avec moi

j'ai toujours été moi, mais sans totalement en être sûre!

c'est bien!

 

il faut savoir qui on est et laisser la part au doute et aux possibles.

 

Parmi tous ces souvenirs, j'adore revenir vers les années folles, celles où mes grands-parents se sont mariés, celle où ils ont eu les enfants qui sont devenus mes parents!

 

En fait, ceux de la famille qui étaient totalement "in", "tendance" et avant-gardistes, c'étaient ceux du côté paternel!

Cela, je l'avais compris avec stupeur il y a plusieurs mois déjà.

 

Par contre du côté maternel, ils étaient à la fois dans le milieu artiste, donc dans cette mouvance du burlesque, du caf''conc', du jazz, du dadaïsme et du surréalisme, mais ils possédaient un fort attachement à la classicité et à la tradition, au "conformisme"!

 

Les plus libérés et fétards (bien dans l'ambiance des années folles) ne sont pas ceux qu'on aurait pu penser! intéressant.

 

Ce qu'ils sont devenus ensuite, les uns et les autres, sous l'effet d'une autre guerre, des crises et de la guerre d'indépendance, de l'exil, c'est autre chose, et je n'en parlerai pas pour le moment, ce qui m'intéresse pour l'heure, c'est l'ambiance où j'ai baigné toute petite fille, car je viens de cette enfance comme on vient d'un pays ou d'une patrie.

Et là, je me reconnaîs bien comme leur héritière, je comprends mieux mes aspirations, mes défiances, mes habitudes, mes aversions et mes préférences, mes enthousiasmes.

 

Je comprends mieux pourquoi j'horripile certains membres conformistes de ma famille!

et pourquoi je m'étonne moi-même souvent de mes pensées, de mes réactions.

 

Ma dernière découverte: j'ai enfin compris d'où me vient ce surnom: "la môme KIKI"

il faut dire qu'après avoir chéri cette appellation, ma soeur s'est mise à le prendre en grippe,

et récemment encore de me dire un brin de reproche dans la voix:

"ce n'est pas beau, tu ne devrais pas tolérer qu'on t'appelle ainsi!"

 

Généralement, dans ce cas, en forme de boutade, je lui rétorque:

"Je suis le KIKI de tous les KIKI!"

et elle se moque:

"rien à voir, ça c'est du temps de ta fille, les KIKI!"

 

yes, comme les lego DUPLO, conçu pour les tout petits, Ara en a eu lorsqu'elle avait deux ans, ou comme les playmobils

 

pourquoi "la môme KIKI"?

 

Je viens d'apprendre que dans les années folles, "la môme Kiki" ou "Kiki de Montparnasse", était une figure haute en couleur, la reine des lieux, (Alice Prin de son vrai nom, née en 1901, morte en 1953, peu après ma naissance). Elle chantait, dansait. Coiffée à la garçonne, c'était le modèle préféré et la compagne de Man Ray. 
Tout ceci se passait au moment où mon grand-père avait pu probablement la rencontrer et la connaître à Paris.

C'était lui, mon grand-père, qui m'appelait ainsi, depuis mes 8 ans lorsque nous sommes venus vivre avec lui en France.

 

Me voilà donc référencée et connotée!

espièglerie, enfance, chant, danse, muse

comment refuser un tel sacré héritage?

Dans sa bouche "la Môme Kiki", c'était un terme affectueux, une évocation de doux souvenir, il ne pensait pas à mal...

 

Sacré coup d'oeil dans le rétroviseur, me voilà édifiée, j'aurai beaucoup de plaisir à me souvenir de l'anecdote retrouvée, m'en voici un peu plus forte et rieuse ou souriante!

 

Moi