J'interromps momentanément la publication du récit de la vie de Flo pour raconter ce petit épisode de ma vie ce WE
 



Et moi je dis merci!



Samedi soir, vigile pascale, belle cérémonie, mais longue!
Un peu avant la consécration, je commence à me sentir mal, comment faire, depuis tout là-haut, je ne vais tout de même pas agiter un mouchoir blanc en direction des seules personnes qui me font face à  30 mètres ou plus, les prêtres?

J'ai de quoi boire, toujours, mais si je bois maintenant, j'augmente mes chances de mal jouer  dans les minutes qui suivent, je l'ai déjà fait, et ce n'était pas un bon plan!

Je me lève lentement, rejoins la ballustrade, je regarde, personne n'a les yeux levé vers la tribune, au contraire, toutes les têtes sont baissées, en signe d'adoration.

Je continue à jouer, comme je peux, je tente de me ressaisir pour la communion, je suis incapable de lire la moindre partition, j'improvise sur un thème, gentiment, tentant de rejoindre la tonalité du cantique qui doit être repris ensuite, mais j'ai du mal à atteindre en effet cette tonalité pour que le cantique soit introduit comme "naturellement".

L'accompagnement du cantique est difficile, je saute des mesures, mon oeil n'arrive plus à anticiper, mes mains et doigts sont comme "dans de la colle", un bruit se fait entendre sur ma droite, je sursaute, je vois un homme bien plus âgé que moi, je ne le connais pas à priori, j'ai très peur, du coup, je n'arrive plus à décoller de mon accord de mi mineur de la main gauche tandis que de la droite, je lui fais des signes désespérés en l'interrogeant: "Mais qui êtes-vous? mais que faites-vous là? Descendez, partez!".
Je sais que tant qu'il sera là, je n'arriverai pas à ôter mes doigts de ces trois notes enfoncées au moment où j'ai vu apparaître son visage à 1 mètre sur ma gauche!  MI-SOL-SI!
Il me dit: "Je suis organiste à ... et je suis médecin", puis devant mes gestes désordonnés et pressants, mon visage affolé, il redescend.
Le cantique est terminé. Mon coeur bat très vite, un étau saisit mes tempes, j'ai mal à la hauteur et dans la zone du cervelet, c'est certain, dans quelques minutes, impossible de jouer la sortie, j'avais sélectionné un bel air du XVIII ème siècle, très propice au jeu de trompettes récemment accordé, et j'aurais tellement voulu faire honneur à la paroisse et à son orgue en le jouant. Mais peu importe, il fallait à présent sauver la situation car je ne le savais pas par coeur!
Je descends et vais trouver l'homme, il est penché en avant sa tête dans ses mains qui bouchent ses oreilles.

Je lui fais ma proposition: "Voulez-vous jouer la sortie?"
Il se retourne en se relevant et me suit "j'ai deviné que quelque chose n'allait pas, me dit-il, vous avez correctement joué, puis soudain c'était différent et c'est pourquoi je suis monté.
-Vous m'avez fait très peur! dans ce cas mes symptômes sont agravés. (Je lui dis la maladie dont je souffre)
-Je sais, je connais ça, je suis médecin, me répète-t-il.

Il s'installe à l'orgue, me demande quels en sont les jeux, je lui dis que la trompette marche bien.

Il choisit un air qui ressemblait à celui que je voulais jouer moi-même, c'est donc parfait.

Je suis encore sur le choc de la surprise et de la peur, mais je sais que mon Seigneur m'a envoyé "un ange" pour m'aider!
N'est-ce pas, dans la bible nous voyons souvent ce mouvement de peur chez ceux qui sont visités par un ou des anges, ils ne comprennent tout d'abord pas ce qu'il leur arrive. Mais s'ils se laissent guider, ils sont comblés.

Le Seigneur aime ses enfants, particulièrement la nuit de Pâques qui est celle de la résurrection du Christ!
Le Seigneur est VIVANT, il voit le besoin de ses enfants et comme un père attentif veille et répond.

J'ai remercié la personne attentive qui a pris soin de moi et de l'issue de la célébration, mes mercis encore pour lui!


Fleurdatlas, 26 mars 08