Rapport au temps qui passe, au temps que je n'ai pas mais que je prends, au temps passé sur le net qu'il me faut à présent restreindre, à tout ce temps que j'avais autrefois tout en croyant ne pas en avoir assez:


Aussi curieux que cela puisse paraître, en ce qui me concerne, lorsque j'étais valide, je me plaignais du manque de temps et je pensais que si j'étais immobilisée un certain temps, j'aurais davantage de temps pour moi, pour autrui, pour la prière, pour l'écriture, pour la lecture, la peinture, la correspondance avec les amis, que sais-je?


Mais chaque fois que je fus immobilisée, je n'ai pas vécu ce temps béni qui aurait dû faire de moi la princesse comblée de temps à ne plus savoir qu'en faire!
J'ai dû entrer dans une économie de survie et de reconstruction telles que j'avais encore moins de temps.
Il se trouve que pour mes derniers troubles très importants depuis 2001, l'une de mes "thérapies" fut d'aller sur le net, de participer à des forums, de tenir des blogs, de créer et entretenir des sites. Je n'avais pas une minute à moi, il faut bien le dire, sauf que ça faisait revenir mes facultés intellectuelles, oui, c'était le but! plus de jambes ou de bras parfois et plus de cerveau, imaginons! bon le cerveau est revenu, et maintenant ce sont les bras et les jambes qui tentent de revenir, Le net est devenu un luxe, pour ne pas dire un fardeau, au milieu de tous mes challanges quotidiens et hebdomadaires. Je n'ai toujours point assez de temps. A moins que je décide d'envoyer péter ce à quoi je tiens beaucoup (l'amitié de certain et la fidélité à ceux qui m'ont confié tache de webmaster) pour privilégier l'essentiel: mon intégrité personnelle, ma santé, ma relation familiale, mes boulots, nos boulots DJM et moi. Il y a cependant un lieu privilégié, non seulement parce que j'y vis à l'extérieur, mais parce que je m'y sens en paix totale, sans plus faire attention au temps, c'est ma montagne toute la période estivale, 4 mois d'extérieur, entrecoupés de "saisons musicales et tournées", mais majoritairement dehors dans la nature, en altitude. Là le temps se démultiplie et je respire!

Tout le reste du temps, je "cours" d'un étage à l'autre, d'un lieu à l'autre, et mes doigts courent beaucoup sur le clavier d'un ordi qu'il faudrait bien abattre tant il est poussif, mais que j'aime comme on aime sa première poupée ou sa première voiture téléguidée, impossible de s'en séparer!

Non le rapport au temps que je sois malade ou mieux portante n'est pas aisé.
Je me rappelle avec le recul, puisque mes souvenirs reviennent de plus en plus et de mieux en mieux, que c'était lorsque j'étais valide que j'avais plus de temps, et si je comptabilise tout ce que j'arrivais à faire chaque jour, chaque semaine et chaque année, c'est incroyable, même avec tout le temps possible et disponible devant moi, je ne pourrais en faire le quart!

 

Fleurdatlas, 11 octobre 08